Saturday, March 18, 2006

Petit apparte a nos fideles correspondants par mail

Sans avoir eu le temps de poster nos blogs de la Thailande, nous sommes arrivees ce matin en Birmanie. Nous venons de decouvrir que nous n avons pas acces du tout a nos boites dans ce pays. Ne vous inquietez pas si nous ne repondons pas a vos mails et si vous n avez pas trop de nouvelles. Nous essaierons d alimenter le blog dans la mesure du possible.
A bientot par commentaires interposes sur les blogs du Laos, ou de la Thailande quand ils seront postes.
On n est en tous cas pas a plaindre, deja le pays nous plait beaucoup, du moins la ville de Rangoon ou nous sommes. Cela change beaucoup de ce que nous avons deja vu.

Isabelle et Claire

Friday, March 17, 2006

CLBP, a nous de vous faire preferer le Laos (Compagnie Laotienne des Bus Pourris)











On aurait ete decues de quitter le Laos sans notre petite aventure des derniers jours. Nous avons maintenant pris des habitudes de luxe et nous voulons notre petite epopee, toute mesure gardee, avant de quitter chaque pays. Nous etions parties pour un petit trajet de routine cense durer 8 heures pour une distance de 200 kilometres, mais c'etait sans compter sur les petites surprises que reserve tout trajet au Laos. La journee s'annonce riche en aventures:

-7h30: Jusque la tout va bien, on achete des tickets de bus a Luang Nam Tha pour Houexay, ville frontaliere avec la Thailande.

-9h: Heure prevue pour le depart,mais le bus n'est pas encore plein. Il faut encore attendre: rien de nouveau!

- 9h45: On demarre. Quelques rizieres vertes et nous voila plongees pour la journee en plein coeur de la jungle sur des routes sinueuses de montagne. Le paysage magnifique nous laisse oublier les bosses et les trous d'une route pas encore goudronnee. Precisement, c'est la que le bas blesse. Si la route n'est pas encore faite, ils sont en train de la faire...

-10h45: Le bus s'arrete pour cause de travaux. Alors qu'il existe encore un passage possible a cote des tas de sable, notre surprise et notre amusement sont grands de voir debarquer une huitaine de semi-remorques venant deverser devant nous sable et gravier, ce qui finit de bloquer le passage. La, on est foutues! Mais le mieux, c'est lorsqu'une jeep croit qu'elle peut escalader la montagne de sable. Elle se fourre les pneus dans le sable, surtout que personne ne fait rien pour la debloquer.

Quelques touristes finissent par prendre les devants et degagent la jeep. Reste encore a attendre le tracto-pelle pour applatir la route.

-11h30: Petit passage delicat qui montre que les chauffeurs laos n'ont pas eu leur permis de conduire dans une pochette surprise. Il fallait etre fort pour faire se croiser deux semi-remorques et deux bus dans un virage serre au dessus d'un a-pic. Ils l'ont fait!

-12h: Une charmante laotienne casquee agite un petit drapeau rouge devant nous et nous fait patienter en nous comblant de sourires le temps qu'on degage les arbres qui bloquent la route.

-13h: Ca y est, on semblait etre lances et le chauffeur le croyait peut etre un peu trop. Souvent le chauffeur joue a ''ca passe ou ca casse'', mais la, pas de doute, ca a casse! Nous foncons droit sur un camion dans un passage etroit qui mene a un gue. En quelques secondes on passe des yeux equarquilles aux cris puis a la panique. Choc frontal et brutal. C'est dans la precipitation que tout le monde tente de sortir du bus. On n' a pas compris pourquoi, mais l'on suit gentiement. Le colossal voisin d'Isabelle saute meme par la fenetre sans lui proposer une quelconque aide. Ca vaut bien la peine d'avoir un Musclor a cote de soi! Si ca fait tourner la langue des touristes, les Laos n'ont pas l'air plus inquiet que ca et ajoutent a leur bus une nouvelle reparation de fortune pendant qu'un Israelien les soutient en gratouillant sa guitare. On ne sait pas si ca a fait avancer le schmilblic, mais en tous cas on redemarre.

-15h: Nouvel arret, cette fois la route est completement encombree par la montagne de sable et de cailloux et ce n'est pas pret de s'arreter puisque les camions au dessus de nous n'en finissent pas de deverser la terre. On commence deja a regarder sous quel arbre on va passer la nuit, car la, on voit mal comment on va pouvoir se frayer un chemin. Une fois encore, ca n'inquiete que nous, car au bout d'une demi-heure le tracto-pelle nous ouvre la voie.

-16h30: C'est qu'on commence a avoir faim avec tout ca, car si on s'est deja arretes quatre fois, evidemment c'etait jamais dans des villages... Une nouvelle fois, on se demande quel probleme est encore arrive, mais cette fois-ci, c'est une bonne surprise: le dejeuner. On n'y croyait plus! Mais ce n'est pas encore gagne, encore faut-il qu'il reste de la nouriture. On crie victoire quand on reussit a degoter une assiette de sticky rice.

-crepuscule: Pendant une heure et demi on ne s'arrete plus, mais desormais le probleme est d'un autre ordre: on ne respire plus! Le bus est envahi par une epaisse couche de poussiere. On a beau etre toutes fenetres fermees, l'odeur est irrespirable. Le car se transforme alors en une caravane saharienne en pleine tempete de sable: tout est bon pour s'emmitoufler. C'est encore toutes orange et poussiereuses que nous admirons les montagnes a la lumiere du crepuscule.

-18h30: On commencait a s'ennuyer, mais heureusement un nouvel arret redonne le rythme. Cette fois ci rien de grave,il s'agit juste du moteur. En effet, on roule depuis le matin en premiere,celui ci n'a pas du apprecier...On peut encore remercier Musclor car sans lui et sa lampe de poche,on y serait encore. Il fait maintenant nuit noire et on est bien content de profiter d'un feu de bambou que fait un Lao en pleine jungle. Si Sophie a echappe a une pierre lancee par un singe en Chine, Isabelle a un serpent tombe d'un arbre, c'est autour de Claire d'echapper a une grosse braise de bambou qui explose tout pres d'elle.

-20h: Alors qu'on est maintenant bien lances, on est obliges d'attendre le bus avec lequel on est en convoi depuis le debut de la journee,qui a lui-meme des problemes. Plus d'essence et une batterie faible,la routine quoi!

-minuit: On vous passe les mini-arrets. Nous arrivons a la gare de Houexai a 8km de la ville. Il nous faut encore une demi heure de palabre pour decoller de la gare, trouver un tuk-tuk, et atterrir dans le centre ville.

-00h45 : On arpente les hotels pour negocier une chambre, et apres avoir reveille trois guesthouses, on trouve la bonne.

-1h30: On profite des restes d'un mariage pres de l'hotel pour se sustenter un peu.

-2h00: Decrassage bien merite dans la douche.

-2h30 : On tombe dans les bras de Morphee.

SNCF, "A nous de vous faire preferer le train" qu'y disent en France...

Tout ca pour traverser un petit bras du Mekong qui nous separe de la Thailande.

Luang Nam Tha







Luang Nam Tha sera pour nous juste une petite escale avant de passer la frontiere. Rien de particulier si ce n'est un petit marche dans les environs. Enfin, on etait parties pour voir un marche rassemblant plusieurs ethnies montagnardes ce qui, parait-il, valait le coup d'oeil. Malheureusement nous arrivons apres la bataille, les derniers marchands rangeant leurs stands. Toutes decues nous tentons de nous consoler en faisant un petit tour dans la ville, et bien nous en a pris. Nous tombons sur l'ancien marche, une vieille halle completement abandonnee, mais occupee par quelques femmes des minorites qui vendent la leur artisanat sur des planches de bois. On y trouve aussi des habits et des coiffes traditionnelles. Le piastre de commerce de l'Indochine francaise que l'on voit sur la photo, est la tete d'une espece de gros clou que les femmes s'enfoncent dans leur chignon. On s'offre un petit plaisir pour les yeux, et on en profite tranquilement car nous sommes les seules. Derniere mais belle vision du Laos!

Trek en montagne:deuxieme jour









Le reveil aussi interesse certains. On reussit cependant a trouver cinq minutes ou la piece est libre pour s'habiller en paix. A nouveau on retrouve un village desert habite par les plus jeunes et les plus ages. Nous allons faire un tour du cote de la fontaine mais, si personne ne nous suit cette fois, il est tout aussi difficile de se laver, car des enfants descendent regulierement remplir des bidons d'eau. C'est d'ailleurs stupefiant de voir des tous petits, de quatre a sept ans en gros, porter des hottes plus lourdes qu'eux et remonter la pente vers le village. On est bien loin de la France... On croise sur le chemin une bande de garcons qui part couper des bambous avec leurs machettes. Ce sont les memes qu'on avait vus la veille. Nous essayons de les prendre en photo de dos, mais ils decouvrent notre feinte et veulent voir leurs photos. Cela donne lieu a une seance pause pendant dix minutes. On ne sait pas ce qui leur fait aimer tout d'un coup l'appareil photo, mais cette fois, ils se pretent bien au jeu. Meme chose pour des petites filles que nous rencontrons plus loin. Mais il est temps de partir vers un nouveau village en traversant des paysages toujours aussi beaux. Dans le deuxieme village nous attend une experience encore plus inedite que la veille.
Nous arrivons un peu anxieuses de l'accueil que nous allons recevoir. Nous nous attendions a tout sauf a cela: se retrouver au centre d'une petite centaine de paires d'yeux qui vous devisagent pendant vingt minutes. Une fois de plus, le guide nous ayant lachees au milieu du village, nous attirons tous les habitants autour de nous, tout comme un pot de miel attire les mouches. Petit a petit, le cercle se resserre autour de nous, des plus petits aux plus vieux, tout le monde est au spectacle. Jusqu'ici on se considerait encore comme des etres humains, mais soudain, on a l'impression d'etre des martiens. Finalement tout va bien, car comme ils rigolent nous rions aussi et nous les regardons autant qu'ils nous regardent. Enfin le guide arrive pour nous mener a la maison du chef du village ou nous dormons ce soir, mais cela ne nous laisse que trois minutes de repit, car a nouveau nous sommes jetees en pature a cette bande de curieux insatiables.

Ne sachant que faire, nous decidons d'aller nous raffraichir un peu a la fontaine, encore unique point d'eau du village, situee tout en contrebas. Sans le vouloir, nous creons un cortege d'enfants qui devalent comme des fous le chemin de la source.Mais la, il faut attendre son tour derriere ceux qui se lavent, qui font leur lessive... Juste a cote, des enfants grimpent comme des singes dans les arbres et jouent avec les lianes. A peine amorcons nous un mouvement de retour qu'un petit groupe se met en branle a son tour. Une fois la haut, une petite visite du village s'impose. Inutile de vous dire que nous sommes suivies a la trace par un contingent fidele de villageois qui grossit peu a peu. Mais en trois minutes, nous avons atteint l'autre bout, et la, plus d'issue. Nous nous retrouvons finalement confrontees a un mur d'Akhos qui nous barrent l'acces du village. Fini la visite, il faut agir, et trouver le moyen de briser le mur de la curiosite. L'appareil de photo nous est d'un grand secours. Apres un petit mouvement de recul, tout le village veut se voir en photo, tous poussent des cris de surprise et de joie. Isabelle fait essayer son teleobjectif, ce qui est une grande source d'amusement general. Mais l'euphorie de la seance pause passee, il faut a nouveau trouver des idees et profiter de la breche ainsi creee pour echanger un peu malgre la barriere si imposante de la langue et de la culture. Leur demander leur age est deja tout un programme, alors imaginez ce que ca a pu etre d'apprendre aux enfants un jeu de mains. Heureusement des fortes tetes de 15-20 ans, un peu plus rapides a comprendre, sont la pour nous aider et faire l'intermediaire entre les villageois et nous. Comme apparemment ils semblent tout attendre de nous, il faut toujours trouver de nouvelles idees. L'harmonica est le bienvenu pour continuer le spectacle et leur demander par la meme occasion s'ils ont des instruments de musique. Mais c'est sans succes. Les femmes nous montrent leurs colliers, nous les font essayer et nous continuons le dialogue par jeu de mime. Avec la meme escorte, nous remontons vers la place du village, ou nous regardons des femmes travailler le coton a la main de la maniere la plus basique, mais avec un tour de main extraordinaire.

Le diner s'annonce. Attention ce soir, nous sortons dans le monde et sommes recues a la table du chef du village. Loin d'etre un venerable a la belle barbe blanche et a la voix chevrotante, le chef est un homme d'une quarantaine d'annes, habille en jean's et en tee shirt comme tout le monde. Dans la penombre de la piece a peine eclairee par le feu, un neon blafard et la bougie sur la table, nous dinons a la table des hommes tout en etant servies par les femmes. Visiblement ce soir c'est une soiree selecte chez le chef puisque certaines personnes du village sont admises a rentrer, d'autres non. Tous s'agglutinent autour du feu et nous regardent.C'est une veritable tour de Babel, le chef parle Akho aux gens du village, lao avec notre guide, et celui ci nous traduit ce qu'il peut et ce qu'il veut en anglais, tandis que nous parlons francais. Nous en venons a parler de l'opium. En effet, nous avons croiser plusieurs personnes dans le village, une fleur de pavot sechee a la main et mangeant les graines. La culture de l'opium n'est ici pas tabou, on nous fait meme une presentation du produit, de son etat de fleur a sa finition : la pate noire. Notre guide s'y essaye meme, tout en ingurgitant toute la nuit une dose inquantifiable de lao-lao (alcohol de riz local). On ne sait pas qui de lui ou de nous sera le guide demain... La soiree est bien sympathique, mais assez de lao-lao pour nous, nous decidons d'aller nous coucher. Seulement voila, nous sommes bien les seules. On prend du grade a etre dans la maison du chef : on a maintenant droit a une chambre a l'etage. La famille nous a installes, nous et notre guide, sur leurs matelas, sur la mezzanine. Si nous ne voyons plus nos hotes, nous sommes pourtant encore en plein coeur de la fete et profitons un peu trop, jusqu'a 3 heures du matin, du bruit et de l'ambiance... Meme si nous commencons maintenant a etre rodees aux reveils matinaux, la musique et les cris laotiens a 5 heures du matin nous surprennent encore un peu, il faut l'avouer!

Nous nous preparons pour notre derniere journee de trek vers un troisieme village que finalement nous ne ferons que traverser. Le lao-lao aidant, notre guide fatigue prefere nous faire prendre le bus.

On partait bien curieuses de decouvrir tous ces villages et tous ces habitants, mais finalement on ne sait pas qui d' eux ou de nous etaient les plus curieux... La visite de 3 petits etres blancs appelles 'touristes"par chez nous ne semblait pas passer inapercue. Cette experience etait bien riche et l'on n'aura pas assez d'un trajet en bus, vers Louang Namtha pour ressasser tous nos souvenirs.

Thursday, March 16, 2006

Trek dans les tribus montagnardes, 1er jour













On n'est pas parties que les embrouilles commencent deja. Notre guide se desiste et c'est finalement le fils du proprietaire de la guesthouse qui le remplace. Pour ne pas rompre avec nos habitudes, nous tombons sur le guide qui debute son metier en meme temps que nous. On pourrait y voir certains avantages: ce ne sera pas trop professionnel et beaucoup de marge nous sera laissee.
Les premiers kilometres sont extremement durs: chaleur accablante, chemin tres escarpe, vegetation etouffante... bref, on a failli crever! C'est peut-etre la dixieme fois qu'on vous le dit, mais la, c'est sur, on n'a jamais eu aussi chaud et autant transpire de notre vie! Contrairement a notre guide, nous n'avons pas de sherpa pour porter notre sac... Une fois le plus dur effectue et arrives en haut de la montagne, nous jouissons d'une vue superbe: on voit a perte de vue des lignes de cretes boisees, ou pour mieux dire couvertes de jungle. C'est vraiment magnifique, malheureusement les photos ne rendent pas grand chose a cause de la brume de chaleur.
Apres une bonne marche, nous arrivons en vue d'un village et nous arretons pres de la source, unique point d'eau a 100 metres en contrebas des maisons. Une jeune fille s'y lave torse nu avec des enfants. Cela nous laisse une premiere impression etrange, et bien que postes a une bonne vingtaine de metres, il nous semble etre en trop dans ce tableau. Nous entrons dans un village desert, et c'est le debut d'une experience un peu surrealiste. Apres nous avoir menees a la maison ou nous allons dormir, le guide nous abandonne lachement a notre sort; a nous de jouer! Nous sortons faire un tour du village et sommes bientot suivies par une bande d'enfants qui se tiennent a une distance respectable de nous.
Le tour est vite fait, car le village n'est pas grand. Si l'on peut vaguement distinguer une rue, le reste est fait d'un amas de maisons en bois de plain-pied ou sur pilotis, sans fenetre. Des greniers a riz, minuscules cases sur pilotis, bordent le village de chaque cote, tandis que l'ecole est mise a part, bien au-dela de la porte d'entree flanquee d'une hampe avec trois tete de chien en decomposition. C'est le porte-bonheur du village. L'ecole que nous decouvrons est la plus sommaire que nous ayons jamais vue: un tressage de bambou ajoure en guise de mur, quelques vieilles planches de bois a la place des bancs et des tables et un vieux tableau vert.
Ce premier tour nous laisse un peu desarmees: il est difficile d'etablir un contact avec les enfants qui restent un peu distants. Quant aux adultes, ils sont totalement absents du village, encore occupes aux travaux des champs. Il faut essayer une technique d'approche un peu plus efficace. Nous sommes au debut a un metre d'eux, et petit a petit les centimetres se reduisent. Apres la phase d'observation mutuelle, nous essayons des petits jeux qui semblent les accrocher. Des petites filles nous apprennent des mots en akha. Mais attention, si on commence a bien s'amuser avec eux, qu'on ne se meprenne pas: on n'a pas garde les cochons ensemble, et il n'est pas question de prendre des photos. Des que l'on sort ne serait-ce que la pochette de l'appareil numerique, tout le monde se barricade derriere les portes et il faut deposer l'arme fatale pour qu'ils reviennent. Le probleme, c'est qu'une fois revenus ils ne nous lachent plus, et il faut bien des techniques de sioux pour tenter de s'isoler une par une: nous ne sommes pas de purs esprits!
Si le village n'a pas encore adopte toutes les techniques modernes, notamment l'electricite, ici on va quand meme se doucher a la fontaine en motorbike... Ce nouveau joujou a fait son apparition il y a deux ans dans le village grace a l'argent rapporte par la vente de l'opium. En effet, bien que cela soit interdit par le gouvernement, on cultive ici le pavot dans des champs dont eux seuls connaissent le chemin.
La nuit tombee, nous revenons dans la maison ou brule un feu qui sert tout a la fois de lampe, de rechaud et de centre de piece autour duquel s'amasse tout le monde. Petit a petit, tous les jeunes du village arrivent dans l'unique piece de la maison, d'abord les tous petits, puis les plus grands apres le diner. A nouveau on se sent l'attraction du coin, mais malheureusement, pas de dialogue direct possible. Bientot on ne voit plus que des paires d'yeux dans le noir et on entend des grands eclats de rires et de voix qui sans doutent nous concernent... Apres cette bonne journee on irait bien rejoindre nos lits, mais le hic est qu'ils sont dans la meme piece, et qu'on a encore tout un parterre de spectateurs. Seuls les plus tenaces auront la chance, et quelle chance, d'assister au Grand Coucher!

En remontant la Nam Ou: 3eme episode










Nous voici tout au nord du Laos, a Muang Khua, petit village perdu en montagne au bord de la Nam Ou, ou l'on retrouve a peu pres le meme decor qu'avant. Parmi le peu de touristes qu'il y a ici, on tombe par hasard sur quelques Francais avec qui nous sympathisons bien. L'ambiance est bien detendue, nous echangeons nos bons plans, nos itineraires et recuperons plein de bons conseils pour la Birmanie ou nous partons bientot. On passe surtout un excellent diner avec un jeunes couple de Francais partis depuis deux ans et demi a velo sur les routes de l'Asie centrale. Ils nous racontent leur periple: la turquie, l'Iran, l'Ouzbekistan, le Kazakhstan, l'Azerbaidjan, la Mongolie, la Chine, et maintenant le Laos. Partout ils ont rencontre des populations extremement accueillantes. La Chine les a ensuite plonges dans une toute autre culture et un accueil beaucoup plus reserve. Tout cela fait bien rever et nous donne des tas d'idees...
Tout d'un coup nous nous retrouvons dans le noir complet. L'electricite ne fonctionne que de 18h a 22h grace aux dynamos installees dans la Nam Ou. Meme si le village, avec son pont suspendu, ses petites maisons et ses potagers sur les rives du fleuve est bien charmant, nous aimerions nous enfoncer plus dans la montagne et aller visiter des villages de minorites. Nous allons pour cela negocier avec un guide un trek de trois jours. Nous pensions que ca allait nous prendre 5 minutes, mais c'est finalement une bonne heure et demi que nous passons a vainement negocier. A chaque tentative de reduction de prix, notre guide nous annonce qu'il n'est finalement plus libre. Nous finissons par comprendre qu'il n'est pas possible de negocier les prix etablis par le gouvernement, sachant qu'il est interdit de faire un trek sans passer par un guide officiel. Nous nous inclinons donc!

Thursday, March 09, 2006

En remontant la Nam Ou: 2eme episode













On met cette fois une heure de bateau pour nous rendre a Muang Ngoi et on n'est visiblement pas les seules a y aller, fini le grand luxe du bateau prive. La, c'est plutot la boite de sardines! Mais l'avantage de ce surnombre est que l'on peut se delasser les jambes au milieu du trajet en parcourant une ile a pied pendant un quart d'heure, le bateau devant etre deleste pour traverser un gros rapide. Le village dans lequel nous arrivons est bien paisible. Il ressemble a une rue de western, et semble posseder autant de maisons que de guesthouses et restaurants.
Dans la rue principale, on retrouve ce meme tableau que l'on voit un peu partout: les enfants qui jouent, les poules qui picorent, les cochons qui grognent, les vieux qui discutent, les femmes qui commerent et les petits commercants qui attendent devant leur etal.
On quitte tout ce petit monde pour s'enfoncer encore une fois dans la vallee: des rizieres en petites parcelles, des grottes, des buffles d'eau, des montagnes couvertes de jungle de chaque cote, et au milieu coule une riviere. Deja ravies par ce paysage, nous sommes en extase lorsque nous debouchons dans un immense cirque au milieu des montagnes. Quelques petits villages sont perdus dans ce decor, encore plus paumes que celui que nous venons de quitter.
Ici, toutes les maisons sont sur pilotis et en bois, installees anarchiquement. On a l'impression d'entrer dans un village vieux comme Herode, mais a notre grande surprise, nous apprenons qu'il n'a que quarante ans. Par contre les techniques sont, elles, vieilles comme le monde: on voit ici et la devant les maisons des femmes battre le riz pour separer la graine de la balle a travers un tamis en bambou, d'autres font secher des branchages pour realiser ces fameux balais qui se vendent dans tout le Laos, pendant que d'autres encore tressent des paniers a riz. En effet, la boite tupperware n'est pas encore d'usage ici et l'on sert et conserve le riz dans des paniers faits de fines tiges de bambou. Toute femme ici possede un metier a tisser avec lequel elle fabrique jupes et pieces de tissu multi-usages comme foulards, torchons, porte-bebes...
Les enfants n'ont pas la game boy ni la Super Nitendo. Ils ne sont pas en reste pour autant:ils sont toujours en bande, au milieu du village, et jouent a la petanque avec leurs tongues, a la guerre avec des pistolets faits maison: un tube de bambou dans lequel on enfonce une feuille humide, et qui pete quand on la pousse dans le tube. Les billes sont aussi a la mode, ainsi qu'une sorte de marelle. Ils s'amusent comme des petits fous et remplissent la rue de leurs cris.
Nous reprenons le cours de la Nam Ou pour 4 heures que nous passons juste avec un Americain, et nous enfoncons un peu plus au nord, a Muang Khua.